Accueil du site / menu / Découvrir / Histoire / La gare, hier et aujourd’hui : 1875-2010

1875-2010 : la gare, hier et aujourd’hui

En ce 11 septembre 1875, en provenance de Pont-Rousseau, et ayant circulé à la vitesse commerciale de 26, 100 kms à l’heure, un premier train arrive à Sainte-Pazanne. Mais, l’ouverture officielle de la gare n’aura lieu que quelques jours plus tard, le 4 octobre.
En 135 ans, la gare a connu bien des épisodes et, aujourd’hui, son importance n’est plus à démontrer dans le développement spectaculaire de la commune. Cette année, un grand coup de balai est donné dans des équipements d’un autre âge qui ont pourtant fait longtemps leur preuve. Mais, il faut savoir prendre le train de la modernité en marche, et ne pas rester sur le quai !

 La gare et sa marquise

Dans ses souvenirs, une Pazennaise née en 1905 évoquait ainsi la gare de son enfance :
« Il y avait le hall d’entrée où se trouvaient guichets et bascule. Il était décoré de superbes affiches en couleurs représentant les plus beaux sites de France. L’une d’elles me comblait de joie, c’était celle de la côte d’azur où j’étais allée à l’âge de 7 ans. Sortant sur le quai, à gauche était la salle d’attente de 1re et 2e classe. Là, autour d’un poêle au charbon, qui ronflait bien l’hiver, un canapé, deux chaises et deux fauteuils recouverts de peluche rouge étaient à la disposition des voyageurs.
Les quatre voies du chemin de fer étaient séparées par un quai. Pas un quai triste et isolé, comme celui que nous avons maintenant, mais un quai habillé. Une superbe « marquise » en bois lui servait de chapeau, un chapeau fait de tôle peinte en vert et de vitres où jouaient les rayons du soleil.
Au bout du quai, il y avait un kiosque à journaux. Marie Rondeau, repasseuse de coiffes de son métier, venait à chaque passage de train proposer des journaux et quelques illustrés, dont « la semaine de Suzette », ma lecture préférée. En face du quai, on trouvait le buffet de la gare qui, en fait, était une buvette. Quand le train venant de Nantes ou de Pornic s’arrêtait, le chef criait : « Sainte-Pazanne, arrêt, buffet ». Les plus assoiffés se précipitaient pour avaler une chopine ou « baiser une fillette de gros-plant ».
Sur le quai, le chef de gare, père de mon amie Simone, arborait un drapeau rouge (moins vermillon que son teint) qu’il agitait pour donner le signal du départ. Alors, le mécanicien lançait la vapeur, la fumée blanche s’élançait dans le ciel accompagné d’un véritable concert : sifflet du chef de gare, sifflet de la locomotive, souffle puissant de la vapeur et roulement des wagons.
Les enfants du voisinage se précipitaient, grimpant sur les barrières pour assister à ce majestueux et bruyant départ. Les parents et amis des voyageurs couraient un temps le long du train, tandis que ceux qui les quittaient agitaient leur mouchoir. »

 La potence et le passage à niveau d’hier et le TER d’aujourd’hui

La potence au musée

Depuis, la grande et belle marquise a disparu, regrettée d’ailleurs par ceux qui l’ont connue. Et voilà qu’une nouvelle page se tourne. Ainsi, le vieux poste d’aiguillage avec ses leviers va partir aux oubliettes. Un bâtiment de 181 m2 a été installé dans le prolongement de l’immeuble de la gare. Il abrite un nouveau poste informatisé qui va permettre la commande informatique des itinéraires ferroviaires au moyen d’aiguillages à commande électrique et de 16 signaux. Cela a représenté un investissement de 51 millions d’euros.
Située à proximité du passage à niveau, la potence (portique de signalisation) était la dernière existante en France. Objet légitime de curiosité et d’admiration de la part de tous ceux qui se passionnent pour l’histoire et le patrimoine du chemin de fer, la potence a été maintes fois photographiée par les connaisseurs et autres modélistes venant de toute la France, et dit-on, même de l’étranger. Véritable pièce de musée, elle se devait justement de terminer sa carrière dans un musée. Ce sera le cas, car, une fois démontée, et entreposée quelque temps, elle rejoindra la cité du fer à Mulhouse.
Quant aux barrières du passage à niveau, elles ne seront plus levées à la manivelle. C’était l’un des derniers passages ainsi manœuvré dans les pays de la Loire. Terminé le temps des gardes-barrières…. La fin de ces vestiges qui faisaient la particularité et le charme de notre gare avait été précédée l’an dernier par l’aménagement des quais en même temps qu’il était procédé à la rénovation des voies entre Pont-Rousseau et Sainte-Pazanne. Autre nouveauté appréciée des utilisateurs quotidiens des TER, l’aménagement d’un parking par la municipalité.

La Société historique

Répondre à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)