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Quand un atelier de vannerie tressait des paniers dans les années 1920

Depuis plusieurs années, des mains habiles s’exercent avec bonheur à la vannerie à Port-Saint-Père, et le fruit de leurs travaux provoque l’admiration lors de l’exposition annuelle. Plusieurs Pazennaises et Pazennais participent à ces réalisations de vannerie, maniant avec adresse rotin et osier.
Mais, ce qui représente aujourd’hui à Port-Saint-Père une agréable activité de loisirs, fut le siècle dernier à Sainte-Pazanne un véritable travail qui permettait à celles qui tressaient des paniers de mettre, comme on dit, du « beurre dans les épinards ».
Les bulletins paroissiaux de janvier et février 1930 racontent comment fonctionnait cet atelier.


Exposition de vannerie à Port-Saint-Père

A l’origine, une petite industrie de vannerie avait été créée en 1915 à Ancenis pour occuper les femmes des soldats mobilisés, les veuves et les blessés de guerre.
Ayant eu connaissance de cette œuvre, la marquise de Juigné prit contact avec les initiateurs du projet pour qu’un atelier soit mis en place à Sainte-Pazanne.
Le 1er février 1918, une personne du métier fut envoyée par la vannerie d’Ancenis pour organiser l’atelier et former des ouvrières. Dans un premier temps, le dépôt fut installé à l’asile (la maternelle de l’école Notre-Dame-de-Lourdes) puis rue du Ballon pour être dirigé par Gabrielle Vergé.
En février 1919, le relais fut pris par Madeleine Foucher, puis par sa sœur, Aimée Morin jusqu’en 1923.
Le 15 février 1924, après un temps d’arrêt, l’atelier reprit sous la direction d’Hélène Imbert, rue du Ballon, et à son domicile, avant de s’installer dans un petit magasin appartenant à Auguste Groizard, près de la salle Jeanne d’Arc.
Les bulletins paroissiaux en précisent le fonctionnement : « Le dépôt est ouvert tous les vendredis, et, comme il est régulièrement ravitaillé par Ancenis, les ouvrières peuvent y trouver, chaque semaine, tout ce qui leur est nécessaire en fait d’osier, de rotin, de tresse de paille et d’outillage. Chaque mois, le directeur de la vannerie d’Ancenis vient en auto-camion chercher les paniers fabriqués. Ce jour-là, les ouvrières remettent leur travail, touchent leur salaire pour le mois précédent, et reçoivent leur commande pour le mois suivant, commande qui varie selon les saisons et les demandes des clients : panier de pêche, panier-bibelot et petit panier de rotin.
Le dépôt de Sainte-Pazanne occupe actuellement 15 ouvrières : on espère pouvoir remonter cet été au chiffre de 25. A Ancenis et dans les environs, 50 personnes y sont occupées. On peut, en faisant des paniers, gagner de 5 à 10 F par jour. C’est bien quelque chose par ce temps de vie chère ».

On ignore quand cette activité de vannerie cessa à Sainte-Pazanne, de même que l’Association de recherches sur la région d’Ancenis n’a curieusement pas trouvé d’informations détaillées sur la vannerie d’Ancenis.

(Extrait d’un article publié dans le bulletin N°6 de la Société historique de novembre 2003)