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Les salles municipales portent leur nom :
Qui étaient E. Guitteny, Milcendeau, Tournemine et Léauté ?

Le 14 mai 1987, le conseil municipal entérina les propositions d’une commission qui avait été chargée « d’établir la liste des emplacements à dénommer et à modifier ». Les élus donnèrent ainsi des noms à des places, des rues et aux salles municipales.

Commençons par celles de l’E.S.C.A.L.E. de Retz, sigle signifiant Espace pour le Sport, la Culture, l’Animation, les Loisirs, les Expositions.
La plus grande porte le nom d’Eloi Guitteny. Juste hommage à ce descendant d’une vieille lignée de forgerons de Saint-Hilaire-de-Chaléons. Né en 1892, compagnon du tour de France, passionné de poésie, il était devenu l’ami du poète poitevin Menanteau et de l’écrivain Georges Duhamel. Après une vie de labeur dans sa forge, il consacra sa retraite à faire connaître le pays de Retz, publiant en 1970 un ouvrage de référence « le vieux langage du pays de Retz » et en 1976 « la cavalerie de mon père » et « vieux usages, vieilles coutumes du pays de Retz ». Entre 1972 et l’année de sa mort en 1981, il proposa dans les hebdomadaires « Sud-Loire » et « le courrier de Paimboeuf » ses « chroniques d’un vieux Paydret » rédigées en langage régional et rassemblée en 1991 dans un ouvrage par « Geste Editions ».

L’autre salle de l’ESCALE de Retz rappelle le souvenir du peintre Charles Milcendeau. Né en Vendée à Soullans le 18 juillet 1872, ses parents tenaient une petite auberge sur la place de l’église. Après des études à Challans, à la Roche-sur-Yon et à l’école Livet de Nantes, il se consacra à la peinture, recevant les conseils à Paris du peintre Gustave Moreau. Sa toile « la mère », peinte en 1901, a été achetée par le Luxembourg. Ses œuvres les plus célèbres sont « repas des maraichins », « soir d’hiver au pays de Soullans ». La paroisse de Soullans possède trois de ses tableaux. Milcendeau est mort le 1er avril 1919.

Pour la salle qui se trouve près de la mairie, le choix se porta sur Tournemine. Dans son « histoire sommaire de Sainte-Pazanne », parue à partir de décembre 1907 dans les bulletins mensuels de la jeunesse catholique, Maurice Henderson écrivait : « En 1539, la seigneurie de Sainte-Pazanne appartient à René Tournemine (premier du nom, fils de Raoul) et seigneur de la Guerche, d’Arthon, de Chéméré et de Rouans. A sa mort, en 1572, la propriété passera à son fils René (deuxième du nom). Ce dernier était, paraît-il, un homme fier et violent qui insultait souvent les habitants. Aux remontrances qui lui étaient faites, il répondait qu’il aimait les habitants ! Il mourut au siège de Rouen en 1591 ».

La plus petite des salles porte le nom de René Marie Léauté (1744 – 1793). Procureur fiscal de Sainte-Pazanne en 1787, il fut maire de Sainte-Pazanne pendant deux périodes, du 28 août 1791 au 13 décembre 1791 et d’avril 1792 à mars 1793. Ce même mois, il fit partie des Royalistes qui attaquèrent Bourgneuf, ville républicaine. Ils s’y livrèrent au pillage et jetèrent en prison beaucoup de citoyens massacrés ensuite dans les fossés du château de Machecoul. Lorsque le 22 avril 1793, le général Beysser délivra Machecoul, Léauté fut arrêté et traduit devant la commission militaire établie au château de Machecoul. Il fut condamné à mort et guillotiné. Tous ces biens furent incendiés : sa grande demeure qui se trouvait à l’emplacement de l’église actuelle et sa ferme du Pré Palluau située là ou se trouve l’ancienne boucherie Bourdeau.