Accueil du site / menu / Découvrir / Histoire / Les moulins

Les moulins de Sainte-Pazanne

En décembre 2001, le moulin du Malessard, sur la route de Saint-Hilaire-de-Chaléons, était coiffé d’un nouveau toit, d’une nouvelle calotte, importante étape d’une restauration voulue par Mme Thomine de Caffarelli, sa propriétaire. Ce moulin qui fut le dernier à fonctionner à Sainte-Pazanne retrouvera-t’il un jour ses ailes ? Dans la commune, on comptait dix moulins à la fin du XVIIIe siècle et sept étaient encore en activité en 1910. En 1809, 75.150 moulins étaient recensés en France. Un siècle plus tard, il en restait encore plus de 25.000 dont 600 en Loire-Inférieure et 150 dans le pays de Retz. Dans son étude « les lieux dits du pays de Retz », Eloi Guitteny comptabilisait 111 moulins en 1967, la plupart en mauvais état.

Et à Sainte-Pazanne ? A la fin du XVIIIe siècle, le territoire de la paroisse comprenait dix moulins : le grand moulin sur la route de Nantes ; le moulin d’Ardennes route de Petit-Beusse, disparu aujourd’hui ; le moulin « turquois » de la Marche, disparu, qui se situait aux environs du N° 27 de la rue de l’Auditoire ; le moulin Baudrin qu’on voit encore de nos jours rue de l’Ilette ; le moulin neuf, disparu, qui se trouvait au carrefour des rues de Bel Air et des Nouies ; le moulin de la Coche dont seule la base apparaît encore ; le moulin du Retail dont la structure existe toujours ; le moulin du Malessard ; le moulin du Grand Cormier dont seule la trace est encore visible parmi les ronces et enfin le moulin de la Cossonnerie qui, au fond du village, est dans le même état que celui du Grand Cormier. Deux de ces moulins, Ardennes et le moulin neuf, étaient des moulins seigneuriaux. Ils appartenaient pour celui d’Ardennes à la seigneurie du même nom, et pour le moulin neuf à la seigneurie de Sainte-Pazanne qui était la plus importante de la paroisse. A ce titre, les vassaux de ces deux seigneuries étaient tenus de faire moudre leur grain au moulin du seigneur et de cuire leur pain au four banal du même seigneur. Les autres moulins appartenaient, soit à des particuliers, en totalité ou en indivision, où à des meuniers ou fariniers. Ceux-ci faisaient en général partie de la classe aisée de la population de Sainte-Pazanne.

Dans une délibération du conseil municipal établissant le classement des terres et maisons, on connaît la liste des propriétaires des moulins à vent à Sainte-Pazanne en 1837 : le moulin de la Marche (Berthuzeau) ; le Grand Cormier (Gloria) ; le Retail (Fruneau) ; la Coche (Joseph Moreau) ; Baudrin (François Ecomard) ; le moulin Neuf (Julien Blois) ; le moulin d’Ardennes ( M. de la Brosse) ; le Malessard (M. de Charrette) ; et le moulin de la Cossonnerie (Pierre Sorin). En 1896, étaient indiqués comme meuniers, Charles Blois (le Grand Cormier) ; Pierre Marot (le Malessard) et Pierre Fruneau (le Retail). Lucien et Pierre Marot rapportent que : « le moulin du Malessard fonctionna à vent jusqu’aux années 1950. La clientèle était de Sainte-Pazanne, et en partie de Saint-Hilaire-de-Chaléons, de Chéméré et de Rouans. On allait chercher le blé et on retournait la farine. On était payé en nature ou en espèces. »

(extrait d’un article du bulletin n° 05 de la Société historique)