Accueil du site / menu / Découvrir / Histoire / Jean-François Boudet

Figure du passé pazennais : Jean-François Boudet (1838-1924)

C’était l’époque où, le plus souvent dans les communes rurales, l’instituteur cumulait les fonctions d’enseignant et de secrétaire de mairie. Ce fut le cas à Sainte-Pazanne. Jean-François Boudet dirigea l’école communale de garçons de 1858 à 1898 et assura le secrétariat de mairie de 1860 à 1920. Un long bail qui, selon la presse de l’époque, en faisait le doyen des secrétaires de mairie en France.

Jean-François Boudet et l’école de garçons en 1877

Jean-François Boudet naît le 2 mars 1838 à Tréffieux (canton de Nozay) où son père est buraliste. Il n’a pas encore 20 ans qu’il franchit la Loire pour enseigner le latin à Paimboeuf, mais, en 1858, il choisit de prendre la direction de l’école communale de garçons de Sainte-Pazanne, le poste étant mieux rétribué. Le 18 octobre 1860, il épouse Thérèse Beillevaire, fille de Louis-Marie Beillevaire, aubergiste à Sainte-Pazanne. Le couple s’installe alors dans le chalet-maison (6 rue de Bazouin), acheté en 1844 par la commune pour abriter la mairie et l’école. Une situation qui dure jusqu’en 1871, année de construction de la mairie et d’une nouvelle école accueillant d’abord les garçons et, vingt ans plus tard les filles, les premiers les remplaçant dans l’établissement de la rue de l’hôtel de ville. Jean-François Boudet y enseigne jusqu’en 1898. Dans le même temps, le secrétaire de mairie (il a servi six maires) se révèle un fonctionnaire aux fortes convictions républicaines, ce qui lui vaut quelques démêlés avec un maire royaliste en 1880. Il demande sa mise à la retraite en 1912, mais la grande guerre lui impose de reprendre du service. En octobre 1916, il adresse une lettre à ses anciens élèves « Devoir et Patrie », les incitant à souscrire à l’emprunt national. Un courrier qui connaît un grand retentissement au point d’être publié dans la presse.

En 1920, Jean-François Boudet, peut enfin, à 82 ans, profiter de sa retraite. La même année, le couple célèbre ses noces de diamant, un anniversaire assez rare à l’époque. Officier d’académie, officier de l’instruction publique, titulaire de la médaille d’honneur communale, Jean-François Boudet décède le 17 décembre 1924. A ses obsèques, le comte de la Ruelle, maire, salua la mémoire d’un homme « profondément attaché à ses convictions politiques et religieuses, qui a formé le cœur et l’esprit d’un grand nombre de nos concitoyens ». Jean-François et Thérèse Boudet ont eu huit enfants, dont le docteur Xavier Boudet (1873-1950).

La Société Historique